Une annonce en Allemagne, un tarif qui fait sourire, un compteur “raisonnable”… puis la réalité rattrape vite : TVA, quitus fiscal, plaques, assurance auto, dossier ANTS, parfois douane et mise en conformité. Le vrai stress ne vient pas du véhicule. Il vient du moment où une pièce manque et où l’immatriculation du véhicule se bloque.
Réponse express : Acheter une voiture à l’étranger se prépare comme un dossier : vérification du véhicule + documents du vendeur + TVA/quitus ou dédouanement + plaques/assurance + ANTS. En Europe, c’est surtout une histoire de demande de quitus fiscal ; hors Europe, il faut douane + droits + TVA + conformité/homologation.
Simulateur import & immatriculation (UE / hors UE)
Renseignez votre scénario d’achat à l’étranger : taxes, documents obligatoires, plaques/assurance, puis dossier ANTS dans le bon ordre.
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| Thème | Ce qui est attendu | Statut |
|---|
Étapes dans l’ordre
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Avant de chercher une annonce : vérifier si “ça vaut le coup”
Les vrais gains (prix, options, choix) vs les vrais coûts (TVA, transport, démarches)
Oui, une économie est possible. Les écarts de prix existent selon le marché (stock, finitions, motorisations, politique commerciale). Mais le coût d’achat réel ne se limite jamais à la ligne “prix”.
Ce qui se paie souvent “en silence” :
- Frais de transport ou rapatriement (trajet, péages, carburant, hôtel, ou convoyage).
- Frais administratifs (certificat d’immatriculation provisoire, dossier ANTS, éventuelle traduction certifiée).
- Taxe et fiscalité : taux de TVA, impôt éventuel selon le cas, malus écologique au moment d’immatriculer en France.
- Temps : appels, mails, photocopies, coordonnées, vérifications, rendez-vous.
Mini repère utile : si la différence de prix est faible, le “gain” peut fondre à cause des frais d’importation et des délais.
UE vs hors UE : la décision qui change tout
Le point de départ, c’est la zone d’achat. La logique administrative bascule.
- UE : pas de droits de douane. Focus sur TVA/quitus + immatriculation en France.
- Hors UE : dédouanement, droits, TVA, parfois réception DREAL/RTI et mise en conformité.
Dans quels pays acheter le plus souvent (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Italie)
Pas besoin de classement rigide : chaque pays a ses habitudes, ses documents, ses réflexes de vente.
- Allemagne : gros volume, choix de modèles, historiques d’entretien souvent structurés, contrat de vente fréquent.
- Belgique / Pays-Bas : marché dense, offres “business”, parfois beaucoup de leasing, attention à l’historique (usage, livraison, kilométrage). Acheter une voiture au Pays-Bas est l’occasion de faire une bonne affaire.
- Espagne / Italie : bonnes opportunités sur certains modèles, vigilance sur le contrat auto et les preuves d’entretien, surtout si achat via internet. L’import italien reste un incontournable.
Objectif : trouver une offre adaptée à votre besoin, pas “le pays miracle”.
Pour aller plus loin : découvrez comment importer une voiture de République Tchèque
Neuf ou occasion : TVA et règles (la partie qui fait gagner du temps)
Définition “neuf” / “occasion” (règle des 6 mois / 6 000 km)
Un véhicule est considéré neuf le jour de son importation en France s’il a :
- moins de 6 mois depuis la première mise en circulation, ou
- moins de 6 000 km au compteur.
Sinon, c’est de l’occasion. Cette frontière change tout pour la TVA.
Achat d’un véhicule neuf dans l’UE : facture HT + TVA en France
Pour une voiture neuve achetée en Europe, la logique classique :
- vente HT à l’étranger,
- TVA à payer en France au taux de TVA français,
- puis quitus fiscal pour prouver que la taxe est en règle avant carte grise.
Ce qui bloque le plus souvent :
- facture mal libellée (mauvais nom/adresse, numéro de série absent),
- preuve de livraison floue,
- confusion entre “prix TTC” affiché et prix réellement dû.
Achat d’un véhicule d’occasion dans l’UE : TVA déjà gérée (pro / particulier)
Pour une voiture d’occasion dans un pays de l’UE :
- achat à un professionnel : facture généralement TTC (ou TVA sur marge, TVA non détaillée, ce n’est pas anormal),
- achat à un particulier : pas de TVA à régler.
Point de vigilance : une facture “bizarre” n’est pas automatiquement frauduleuse. En revanche, une facture sans VIN, sans kilométrage, sans date de livraison, c’est un dossier ANTS qui se complique.
Les documents à exiger du vendeur (checklist anti-galères)
Les indispensables (UE)
Pour éviter le scénario “véhicule acheté, impossible d’immatriculer”, exiger les originaux (ou copies propres quand c’est accepté) :
- Facture ou contrat de vente : nom/adresse du vendeur, nom/adresse de l’acheteur, prix, date de livraison, kilométrage, marque/modèle, numéro de série (VIN), numéro d’immatriculation étranger si existant.
- Certificat d’immatriculation étranger (carte grise étrangère).
- Certificat de conformité européen (COC) si disponible (sinon, attestation d’identification selon cas).
- Historique du véhicule : factures d’entretien, carnet, cohérence compteur.
- Contrôle technique si le pays le remet (pratique variable selon l’État).
Les points qui piègent dans le contrat
À lire avant signature, même si le document n’est pas en français :
- mention “véhicule accidenté” ou “pour pièces”,
- clause d’exclusion de garantie par un vendeur professionnel,
- vendeur réel vs intermédiaire (le nom sur facture doit coller à la personne/structure qui vend),
- incohérence VIN / dates / kilométrage.
Si achat à distance : signaux d’arnaque + preuves à exiger
Une règle simple : ne jamais payer “en mode confiance”.
OK
- société vérifiable, coordonnées cohérentes, adresse réelle,
- documents envoyés en amont (VIN, copie carte grise, facture type),
- paiement traçable (virement), compte dans le pays du vendeur,
- photos détaillées + historique clair.
KO
- pression pour payer vite,
- compte bancaire dans un autre pays que celui du vendeur,
- documents flous, photos génériques, “copier-coller”,
- refus d’envoyer VIN ou certificat d’immatriculation.
Quitus fiscal : quand il est obligatoire et comment l’obtenir (UE)
À quoi sert le quitus fiscal
Le quitus fiscal est le document qui rassure l’administration française sur un point précis : la TVA est en règle pour un véhicule acheté dans un autre pays de l’Union européenne. Sans ce papier, la demande de certificat d’immatriculation est bloquée, même si tout le reste est conforme.
Il est exigé pour :
- une voiture neuve achetée dans l’UE (TVA due en France),
- une voiture d’occasion achetée dans l’UE (TVA déjà payée, mais à prouver).
Pour aller plus loin : Quitus fiscal : quel est le prix ?
Délais et où faire la demande
La demande se fait après la livraison du véhicule, auprès du service des impôts dont dépend le domicile de l’acheteur.
Dans la majorité des départements, la demande se transmet par mail avec le formulaire de demande dédié. Le délai varie de quelques jours à deux semaines selon la période.
Documents à fournir
Préparer le dossier en amont évite les allers-retours :
- justificatif d’identité,
- justificatif de domicile,
- facture ou contrat de vente (ou certificat de cession),
- certificat d’immatriculation étranger,
- preuve de paiement si demandée,
- mandat si la démarche est effectuée par un tiers.
Cas particulier – départements avec procédure via ANTS / France Titres
Dans certains départements, la demande de quitus fiscal passe directement par la procédure d’immatriculation du véhicule sur le portail officiel. Le principe reste identique, seul le canal change.
En savoir plus : comment obtenir le quitus fiscal
Hors Union européenne : douane, dédouanement et conformité
Ce qui change vraiment
Acheter un véhicule hors Europe transforme l’opération en importation à part entière :
- droits de douane à régler,
- TVA française à payer,
- obtention d’un certificat de dédouanement,
- parfois une mise en conformité avant immatriculation.
Sans ce certificat de dédouanement, aucune immatriculation en France n’est possible.
Homologation et conformité : le point qui bloque le plus
Le frein principal hors UE n’est pas le prix, mais la norme.
Sans certificat de conformité européen, certaines voitures nécessitent :
- une réception à titre isolé (RTI),
- des adaptations techniques (éclairage, émissions, sécurité),
- un passage en DREAL.
Ces démarches coûtent du temps et de l’argent. C’est la raison pour laquelle de nombreux acheteurs renoncent hors UE, sauf modèle très spécifique (collection, série rare).
Ramener la voiture en France : plaques, assurance, trajet
Plaques provisoires du pays d’achat
La solution la plus sûre reste les plaques temporaires locales, délivrées par l’administration du pays de vente. Elles permettent de circuler légalement jusqu’à la frontière et au-delà, avec une assurance associée.
CPI WW : utile, mais limité
Le CPI WW français autorise la circulation en France pendant un mois.
Attention : il n’est pas reconnu partout en Europe. Certains pays l’acceptent, d’autres non. Pour un long trajet international, mieux vaut des plaques locales.
Assurance auto pour le retour
Avant de prendre la route, une assurance auto est obligatoire.
En pratique, l’assureur demande :
- la copie du contrat de vente,
- le VIN,
- parfois une attestation provisoire (note de couverture).
Immatriculation en France (ANTS) : dossier complet, étape par étape
Les pièces communes
Quel que soit le pays d’achat, le dossier ANTS repose sur :
- justificatif d’identité,
- justificatif de domicile,
- facture ou contrat de vente,
- quitus fiscal (UE) ou certificat de dédouanement (hors UE),
- certificat de conformité européen ou attestation d’identification,
- formulaire Cerfa 13750.
Délais et erreurs fréquentes
Les blocages viennent souvent de :
- facture incomplète (adresse, date, kilométrage),
- incohérence de numéro de série,
- document non traduit quand l’administration l’exige,
- mauvais choix de catégorie lors de la saisie.
Coût de la carte grise
Le montant dépend :
- de la puissance fiscale,
- de la région,
- du malus écologique éventuel,
- du type de motorisation.
Impossible de donner un chiffre universel, mais le coût varie fortement selon le modèle.
Garanties et recours : ce que l’acheteur peut exiger
Garantie légale de conformité
Lors d’un achat auprès d’un vendeur professionnel, la garantie légale couvre :
- défaut de conformité,
- kilométrage erroné,
- équipement manquant.
Elle s’applique aussi aux véhicules achetés dans l’UE.
Garantie constructeur
La garantie constructeur reste valable dans toute l’Europe, à condition de respecter l’entretien prévu. Un véhicule acheté en Allemagne peut être réparé en France, dans le réseau.
Litige : comment réagir
Toujours procéder par écrit :
- signalement formel,
- mise en demeure,
- conservation des preuves (factures, échanges),
- médiation ou recours transfrontalier si nécessaire.
Mandataire auto : quand ça change vraiment la donne
Pour qui c’est pertinent
Le mandataire est utile quand :
- le temps manque,
- le dossier est complexe,
- l’importation concerne plusieurs pays,
- la sécurisation du paiement et des documents est prioritaire.
Ce qu’un bon mandataire doit fournir
- contrat clair,
- transparence sur les frais,
- vérification du véhicule et des documents,
- accompagnement jusqu’à l’immatriculation en France.
Checklist finale “acheter une voiture à l’étranger”
Avant l’achat
- vérifier le statut neuf/occasion,
- confirmer la TVA applicable,
- contrôler l’historique du véhicule,
- demander tous les documents.
Le jour J
- contrat lisible,
- paiement traçable,
- récupération des originaux.
Retour
- plaques adaptées,
- assurance valide.
Immatriculation
- quitus ou dédouanement,
- dossier ANTS complet.
Quel est le meilleur pays pour acheter une voiture ?
Il n’y a pas de réponse unique, tout dépend de votre priorité. L’Allemagne reste la destination n°1 pour le volume, la rigueur des entretiens et le choix sur les marques premium. La Belgique et les Pays-Bas sont d’excellentes alternatives pour la proximité et les parcs de véhicules récents (leasing). L’Espagne et l’Italie offrent souvent des prix plus bas, mais demandent une vigilance accrue sur la traçabilité de l’entretien et l’état de la carrosserie.
Faut-il payer la TVA en France pour une voiture allemande ?
-
Pour une voiture neuve (moins de 6 mois OU moins de 6 000 km) : Oui. Vous l’achetez hors taxes (HT) en Allemagne et vous payez les 20 % de TVA au fisc français pour obtenir votre quitus.
-
Pour une voiture d’occasion (plus de 6 mois ET plus de 6 000 km) : Non. La TVA a déjà été payée dans le pays d’origine. Vous ne devez rien de plus au fisc français lors de la demande du quitus, à condition que le vendeur soit un professionnel ou un particulier en règle.
Peut-on rentrer sans plaques ?
Absolument non. C’est une infraction grave. Vous avez trois options :
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Les plaques de transit (plaques export) du pays d’achat : elles incluent souvent une assurance temporaire.
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Le rapatriement par camion : plus coûteux, mais vous évite les démarches de plaques provisoires.
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Les plaques WW françaises : elles permettent de circuler en France, mais leur validité à l’étranger dépend d’accords bilatéraux (tolérées en Allemagne par exemple, mais vérifiez toujours avant de prendre la route).
Mandataire : combien ça coûte ?
Le coût d’un mandataire varie généralement entre 500 € et 2 000 € selon le niveau de service.
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Forfait de base : négociation et vérification administrative.
-
Forfait complet : inspection sur place, transport, livraison à domicile et gestion totale de la carte grise. Ce coût est souvent compensé par la remise obtenue sur le prix d’achat et la garantie d’éviter une fraude au compteur ou à la TVA.




